Les cinq âges du bas

1919 – 1939
« Charleston » Bob Wilson and his Varsity Rhythm Boys

Depuis des siècles le bas existe, en soie ou en laine, mais on ne le voit pas. Pour qu’il y ait un premier âge du bas il a fallu que les femmes montrent leurs jambes. Ce qu’elles font après la Première Guerre mondiale. Contraintes de travailler pendant le conflit, elles ont été amenées à porter des vêtements moins amples, plus fonctionnels. L’augmentation du prix des matières premières entrant en ligne de compte, les jupes et les robes sont devenues plus courtes. Les bas étaient généralement en coton et en laine, noirs de préférence, une couleur moins sensible aux salissures. Mais à partir du moment où les femmes montrent leurs jambes, les bas deviennent plus clairs. Ils sont en soie ou en soie artificielle, la rayonne (appelée aussi viscose) et comportent tous une couture. Nous sommes en 1919, le premier âge du bas va durer jusqu’à l’apparition du nylon en 1939.

1939/46 – 1965
« Sentimental Journey » – Doris Day

Le nylon, inventé en 1935, apparaît en 1939, mais la première vente massive a lieu le 15 mai 1940 aux États-Unis. C’est le Nylon Day, les bas sont alors vendus par millions. Les Américaines en profitent jusqu’à l’entrée en guerre des États-Unis le 4 décembre 1941. Pendant cette période, on s’est rendu compte que la structure cristalline du nylon donnait au galbe des jambes un effet que ni la rayonne ni la soie ne pouvaient produire. Alors que ces deux matières dissimulent la jambe, le nylon la révèle. Ce deuxième âge du bas démarrera véritablement en 1946, car pendant la guerre, le nylon sera une substance stratégique. En 1945, la plupart des bas fabriqués aux États-Unis sont en fait en rayonne. En 1946-1947, le nylon reprend la place qu’il avait en 1940. Les pin-up, petites fiancées de papier pour les soldats américains envoyés en Europe, ont contribué à son expansion. Elles découvrent largement leurs jambes et les jarretelles qui tendent leurs bas. Les bas sont d’abord à coutures mais à partir de 1955 ils sont rejoints par des modèles sans. Ce passage se fait de manière insensible car il reste l’essentiel de cette magie de la nudité du haut des cuisses. La couture révèle certes le galbe de la jambe et indique qu’on porte véritablement un bas, mais il n’y a pas foncièrement de changement. Ce deuxième âge du bas se prolongera jusqu’en 1965 avec l’arrivée de la minijupe et du collant.

1966 – 1978
« Watermelon Man » – Herbie Hancock

Le troisième âge du bas peut être inauguré par le film Blow-Up de Michelangelo Antonioni. Les actrices y portent des collants de couleur tendre. Les jupes ont raccourci et on essaye de pallier ce fait par des pantys qui recouvrent la lisière du bas. Mais ce dispositif restant provocant sous une minijupe, on adapte donc pour le corps des femmes, les collants qui existaient depuis les années cinquante pour les petites filles. Ce troisième âge du bas est en fait celui du collant, bien que le bas se maintienne tout au long des années soixante avant de disparaître presque totalement à la fin des années soixante-dix.

On peut néanmoins distinguer un troisième âge bis avec l’arrivée du bas autofixant. Les fabricants n’ayant pas la maîtrise complète de la finesse des fibres, le collant devenait très chaud en été. On invente donc au début des années soixante-dix toute une série de solutions qui permettent de faire une sorte de jarretière avec un bas qui doit tenir seul. Sa vulgarisation attendra toutefois le milieu des années quatre-vingt avec l’arrivée du Dim Up.

1978 – à nos jours
« Love to Love You Baby » – Dona Summer

1er mars 78 et l’ouverture du Palace à Paris. Il y a tout à coup une sorte d’appel de la sape après presque dix années de frustration vestimentaire. Sur la piste de danse réapparaissent tous les looks qui existaient auparavant. Il est courant d’y revoir des bas et même des bas à coutures que l’on va chercher au fond des tiroirs. Cela ne veut pas dire que le bas s’affiche dans la rue – Chantal Thomass démarre à peine – on ne voit pas non plus de porte-jarretelles ailleurs que dans des sex-shops, mais il y a quand même une tendance mode à réhabiliter la jarretelle et le bas, notamment le bas nylon. Partout ailleurs, le Lycra, ou élasthanne, inventé en 1959, est désormais une norme dans l’univers du chaussant à mailles.
L’extrême fin du siècle voit la résurgence du bas fully fashioned dans la haute-couture, notamment chez Thierry Mugler. Il apparaît aussi de manière récurrente dans la publicité à tendance porno-chic.

Années 2000
« Stripped »  – Christina Aguilera

Un cinquième âge du bas est aujourd’hui envisageable bien qu’il se superpose au précédent. Il correspond au moment où les jeunes filles ont considéré le bas, notamment le bas bicolore avec couture – autofixant ou à jarretelles – comme un élément de la parure dans certaines circonstances. Il faut imaginer par exemple un hot pants, c’est à dire un jean dont on a coupé les jambes et qui monte très haut, associé à un porte-jarretelles. Des jarretelles visibles sur des bas noirs avec un revers de couleurs. Le bas devient alors un accessoire de mode inédit. En effet, ces bas ont été conçus en bicolore, avec des textures parfois très épaisses, de plus de 100 deniers, pour faire partie d’une panoplie tendance oscillant entre streetwear et exhibition. Ce cinquième âge, lié également à la tendance du spectacle néoburlesque a aussi vu une recrudescence du bas fantaisie, notamment la résille. C’est le bas revitalisé par l’énergie de la chorégraphie de la scène.

Propos d’Yves Riquet, fondateur de Sodibas recueillis par Nylonpur
PHOTOS DR

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Désir de nylon

Le bas nylon comme catalyseur de l’ultra féminité.

Eve porte des bas fully fashion Cervin
Réalisation SodibasParis – 2016

 

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Miss F

Joli jeu de cache-cache pour Miss F.

Miss F porte des bas fully fashion Cervin Swing Time
Production Sodibas – 2016

 

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Histoires de bas – Isabelle

Le plaisir des plis.

Isabelle, une femme qui a fait le choix du bas à coutures pour se sentir belle, naturellement.

Témoignage enregistré au Paris Boogie Speakeasy

 

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